Le 29 octobre 1899 l'enseigne de vaisseau (EV) Emile Gentil obtient l’autorisation de monter une opération contre Rabah.
Le 29 octobre 1899 l'enseigne de vaisseau (EV) Emile Gentil (devenu Commissaire du gouvernement du bassin du Chari (Tchad), obtient l’autorisation de monter une opération contre Rabah. Il dispose de 344 marsouins, marins et tirailleurs aux ordres du capitaine Robillot (capitaine de Cointet, lieutenants Kieffer et de Lamothe) et d’artilleurs de l’Artillerie de Marine (avec 3 canons) commandés par le capitaine Bunost. Après 6 jours de marche dans les marais et seulement 4 à 5 heures de repos par jour, il attaque son adversaire par surprise à Kouno où celui-ci s’est fortifié et dispose de plus de 5 000 hommes (armés de 100 fusils à tir rapide, d’environ 4 000 fusils divers et de plusieurs canons). Le combat est très dur. Nous avons 46 tués et 113 blessés. Rabah, dont les troupes sont démoralisées par leurs pertes, doit rompre le combat et s’enfuir en désordre en direction du lac Tchad, mais Gentil n’a plus les moyens de se lancer à sa poursuite. Il doit rejoindre Fort Archambault pour y refaire ses forces avant de redescendre le Chari en direction de Kousseri.
Ancien élève de l’Ecole navale, l’EV Emile Gentil se retrouve en 1890 en poste au Gabon et fait son apprentissage au Congo sous l’autorité rayonnante de Savorgnan de Brazza. C’est lui qui découvrira le lac Tchad, encore mythique à l’époque, et placera sous le protectorat de la France le royaume du Baguirmi, avant d’être en 1900 le principal artisan de la défaite de Rabah. Gouverneur du Congo en 1902, Commissaire général de nos possessions équatoriales en 1904, il regagnera la France en 1905, épuisé par ses campagnes et victime de la jalousie de ses pairs et de l’ingratitude du gouvernement. Il mourra en 1914 à l’âge de 48 ans. Il avait été fait Chevalier de la Légion d’Honneur.